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Le carême
ou l’expérience
de l’anti-performance

La société nous pousse à « réussir » partout, y compris dans la vie spirituelle. Et si le carême, au lieu d’un défi à relever, redevenait un chemin de vérité où l’on consent à sa fragilité et où l’on apprend à laisser Dieu agir ?

Au-delà de la sphère économique ou sportive, nous sommes sommés de réussir parfaitement sur tous les plans : professionnel, personnel, relationnel, amoureux, parental…

Cette course à la performance touche aussi parfois la vie chrétienne.
Aller à la messe, prier suffisamment, pratiquer l’ascèse, méditer les textes bibliques, se confesser, peuvent devenir, pour certains, autant d’objectifs à atteindre permettant d’acquérir le titre de croyant émérite.

Dieu reconnaîtrait-il davantage les « vainqueurs spirituels » qui « musclent » leur foi à l’image de leur corps à l’aide
d’« exercices » réguliers ? Ne serait-ce pas oublier que le Seigneur offre gratuitement son amour à ceux qui lui font une place de choix dans l’intime ?

Le carême est une descente vers la vérité de notre pauvreté, qui nous invite à tourner le dos à l’illusion de contrôle, l’obsession du résultat et de l’irréprochabilité dans lesquelles nous vivons.
Qu’importe si nos prières sont indigentes, si notre foi vacille, nous avons le droit de tomber, de douter, d’avancer lentement sur l’âpre chemin spirituel sans être jugés ni disqualifiés par nos frères ou par l’Église.

Extraits d’un article de Cécillia DUTTER publié par « La Vie »

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